Oui, vous pouvez aller marcher ou courir en forêt ce dimanche 13 septembre 2026, jour d’ouverture générale de la chasse dans une grande partie des départements : la chasse ne ferme aucun chemin public. Un panneau « chasse en cours » est une information, pas une barrière. Reste à savoir comment repérer une battue près de chez vous, et quels réflexes prendre.
En bref
- Ouverture fixée par arrêté préfectoral, au plus tôt le 1er, 2e ou 3e dimanche de septembre selon les territoires : 6, 13 ou 20 septembre 2026.
- Saison 2025-2026 : 92 accidents et 4 accidents mortels, « le chiffre le plus bas jamais enregistré » (OFB).
- Le risque pour un tiers est faible mais pas nul : 10 non-chasseurs blessés, contre 16 la saison précédente.
- Il n’existe aucun jour sans chasse national : seuls certains préfets en fixent un.
Ce que le droit dit vraiment : la chasse ne ferme pas les chemins #
L’article L424-15 du code de l’environnement impose trois obligations lors d’une action collective de chasse à tir au grand gibier — une sortie à plusieurs sur du gros animal (sanglier, cerf, chevreuil), par opposition au chasseur seul au petit gibier : gilet fluorescent, panneaux de signalisation temporaire près des voies publiques, et remise à niveau décennale sur les règles élémentaires de sécurité.
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L’arrêté du 5 octobre 2020 précise ces règles, et sa formulation est éclairante. Le gilet se porte « de manière visible et permanente, y compris les personnes non armées » : rabatteurs et accompagnants compris. Les panneaux, eux, servent à « signaler les entrées principales de la zone de chasse aux usagers des voies publiques » ; ils sont posés le jour même avant le début de la chasse et retirés une fois l’action terminée.
Signaler, pas interdire. Aucun organisateur de battue n’a le pouvoir de fermer une voie publique : cette compétence relève de l’autorité de police. Le panneau vous avertit qu’une action est en cours derrière la lisière — information précieuse, pas arrêté d’interdiction. Contourner reste évidemment la décision la plus sensée.
Et la règle des « 150 mètres autour des habitations » ?
Elle est citée partout, souvent de travers. Son support, l’article L422-10 du code de l’environnement, ne dit pas « interdiction de tirer à moins de 150 mètres d’une maison » : il dit que les terrains situés dans un rayon de 150 mètres autour de toute habitation ne peuvent pas être intégrés au territoire d’une association communale de chasse agréée (ACCA). Une règle de territoire, propre aux départements dotés d’ACCA. Le garde-fou général est ailleurs : les arrêtés préfectoraux interdisent le tir en direction des habitations, des routes et des chemins ouverts au public.
Les chiffres 2025-2026 : un risque réel, mais très concentré #
Le bilan publié le 9 juillet 2026 par l’Office français de la biodiversité recense 92 accidents corporels, un total « conforme à ce qui a été observé depuis six saisons » (entre 80 et 100) et en baisse de 49 % par rapport à 2006. Les 4 accidents mortels constituent « le chiffre le plus bas jamais enregistré » : 2 au grand gibier, 2 au petit gibier, et 3 sur 4 sont des auto-accidents, c’est-à-dire des chasseurs blessés par leur propre arme.
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Deux données comptent pour un randonneur. Les auto-accidents pèsent 39 % de l’ensemble : cette part ne concerne pas le promeneur. Et les chasses au grand gibier concentrent 66 % de l’accidentologie : le risque se joue lors des battues, ces sorties collectives où des rabatteurs poussent le gibier vers une ligne de tireurs postés — pas face au chasseur isolé.
Quand un tiers est touché, la cause n° 1 est identifiée : le non-respect de l’angle des 30° (32 % des cas). En clair, un tireur posté ne doit pas tirer dans le secteur où se trouvent ses voisins de ligne. C’est la règle dont la violation blesse.
Le risque n’est pas nul pour autant : 10 non-chasseurs ont été victimes d’un accident corporel — 4 graves, 6 légers — contre 16 la saison précédente. S’y ajoutent 122 incidents matériels sans blessure (tirs vers des habitations, véhicules, animaux domestiques), en recul sur les 135 de l’an passé mais au-dessus de la moyenne des quinze dernières années, dont 87 % de tirs directs. L’OFB a prononcé 39 suspensions de permis.
Une précision à attribuer plutôt qu’à affirmer : le communiqué de l’OFB n’écrit pas que les quatre victimes décédées étaient toutes des chasseurs. Cette lecture est en revanche donnée de façon concordante par des parties opposées, le média cynégétique So Chasse comme l’association ASPAS (« 4 morts seulement – tous chasseurs »).
Ce qui est obligatoire pour le chasseur, ce que ça vous dit sur le terrain #
| Obligation légale | Ce que vous voyez | Ce que vous en déduisez |
|---|---|---|
| Gilet fluorescent (L424-15, arrêté du 5 octobre 2020) | Des silhouettes orange ou jaune vif, armées ou non | Une action collective au grand gibier : la configuration la plus accidentogène |
| Panneaux temporaires près des voies publiques | Un panneau « chasse en cours » au débouché d’un chemin | Une battue est engagée derrière ; le panneau signale, il n’interdit pas la voie |
| Angle des 30° au poste de tir | Des tireurs espacés le long d’une ligne, souvent en lisière | Ne jamais s’engager entre deux postes : c’est là que les tiers sont touchés |
| Remise à niveau décennale sur la sécurité | Rien de visible | Le cadre s’est durci : formation, contrôles, 39 permis suspendus |
« Si la forte baisse des accidents mortels est une avancée indéniable, chaque accident reste un drame de trop […]. Nous devons collectivement redoubler de vigilance sur le respect des angles de tirs qui demeurent la cause principale des accidents impliquant un tiers lors des chasses au grand gibier. »
— Olivier Thibault, directeur général de l’OFB, communiqué du 9 juillet 2026
Les 5 réflexes avant de partir courir ou marcher #
- Vérifiez l’arrêté préfectoral de votre département. Il fixe la date d’ouverture, les jours chassés et l’éventuel jour sans chasse local.
- En forêt domaniale, consultez le calendrier de l’ONF. Le moteur de recherche de l’Office national des forêts propose, depuis un point de référence, les forêts domaniales dans un rayon de 50 km et leurs dates 2026-2027. Mises en ligne progressives : vérifiez la veille.
- Installez « Chassé & Croisé », en connaissant sa limite. Relayée par la FFRandonnée, elle permet aux sociétés de chasse de déclarer leurs zones à l’avance : le promeneur « reçoit une alerte en arrivant à moins de 1 km d’une zone chassée », et le chasseur est alerté s’il s’y trouve déjà. Mais seules les sociétés volontaires déclarent : ce n’est pas une carte nationale exhaustive, un écran vide ne veut pas dire forêt sans chasse.
- Habillez-vous pour être vu, pas pour être discret. Couleurs vives sur le buste et le sac ; camouflage, vert foncé et marron au placard de septembre à février. Idem pour le chien : laisse et collier fluo.
- Restez sur les sentiers et faites-vous entendre. Les conseils de la FFRandonnée tiennent en trois mots : visible, audible, prévisible. Un itinéraire préparé sur carte évite les raccourcis hors sentier, là où personne ne vous attend.
Pourquoi la chasse n’ouvre pas partout le même jour #
Selon l’article R424-7 du code de l’environnement, l’ouverture générale intervient au plus tôt le premier dimanche de septembre en Corse, le deuxième dans un premier groupe de régions, le troisième dans un second — soit, en 2026, les 6, 13 et 20 septembre. À l’intérieur de ces bornes, c’est l’arrêté préfectoral qui tranche, après avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage et de la fédération des chasseurs. D’où l’intérêt de vérifier pour son département.
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Quant au « jour sans chasse » : la loi chasse du 26 juillet 2000 avait instauré un mercredi sans chasse à tir, abrogé en 2003. Aucun jour de non-chasse ne s’impose aujourd’hui au niveau national ; seuls les préfets peuvent en fixer un, souvent sur les massifs périurbains, sans y être obligés.
Mini-FAQ #
Un panneau « chasse en cours » m’interdit-il de passer ?
Non. L’arrêté du 5 octobre 2020 leur donne pour rôle de « signaler les entrées principales de la zone de chasse aux usagers des voies publiques ». Ils informent ; ils ne ferment pas une voie publique, compétence de l’autorité de police.
Le risque est-il vraiment sérieux pour un promeneur ?
Faible mais pas nul. Sur 2025-2026, l’OFB recense 92 accidents et 10 victimes non-chasseurs (4 graves, 6 légers), contre 16 la saison précédente, et 66 % de l’accidentologie sur les chasses au grand gibier : le risque pour un tiers se concentre sur les battues.
Comment savoir si une battue a lieu près de chez moi aujourd’hui ?
Trois sources à croiser : l’arrêté préfectoral du département, les calendriers de chasse de l’ONF en forêt domaniale, et l’application « Chassé & Croisé », qui alerte à moins de 1 km d’une zone déclarée mais ne couvre que les sociétés volontaires.
À retenir #
Sortir courir ou marcher ce 13 septembre ne demande ni autorisation ni renoncement : aucun chemin public n’est fermé par l’ouverture de la chasse. Ce que réclame la saison, c’est de l’information — l’arrêté de votre département, le calendrier ONF de votre massif — et de la visibilité. Choisir son massif en connaissance de cause, s’habiller en couleurs vives, ne jamais s’engager entre deux postes de tir. Pour varier les sorties d’automne, nos itinéraires faciles dans les Pyrénées et notre article sur l’accrobranche offrent des alternatives. À lire aussi : « Vivre la nature ensemble » (Fédération nationale des chasseurs) et les recommandations de sécurité de l’OFB.
Plan de l'article
- Ce que le droit dit vraiment : la chasse ne ferme pas les chemins
- Les chiffres 2025-2026 : un risque réel, mais très concentré
- Ce qui est obligatoire pour le chasseur, ce que ça vous dit sur le terrain
- Les 5 réflexes avant de partir courir ou marcher
- Pourquoi la chasse n’ouvre pas partout le même jour
- Mini-FAQ
- À retenir